Bergerac : un feu d'appartement ravage le quartier sauvegardé
Dans la nuit du 28 au 29 octobre 2026, un incendie se déclare dans un appartement du quartier sauvegardé de Bergerac, en Dordogne, entre les rues des Fontaines et Saint-James. Le feu se propage rapidement aux immeubles mitoyens de ce secteur historique classé, avant que les pompiers ne parviennent à le circonscrire après plus de 24 heures de lutte.
Selon le maire Fabien Ruet, le bilan s'établit à 11 logements complètement détruits sur 36 touchés par le sinistre. Aucune victime n'est recensée, mais une trentaine d'habitants doivent être relogés. Soixante-quinze pompiers venus de plusieurs communes et 30 véhicules restaient mobilisés le matin du 30 octobre.
Le feu a fragilisé plusieurs murs, dont certains menacent de s'effondrer. Une pelle de démolition hydraulique, acheminée depuis Pau, devait abattre une façade dangereuse en fin de matinée, avant une réunion des élus à la mairie pour organiser la suite.
Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine : incendie à Bergerac, 11 logements détruits sur 36 touchés
L'analyse de notre expert incendie
Pourquoi le feu a gagné autant de logements
Un feu parti d'un seul appartement qui finit par détruire 11 logements sur 36 touchés n'est pas un hasard de propagation verticale classique. Dans un quartier sauvegardé comme celui de Bergerac, les immeubles anciens sont accolés les uns aux autres, souvent avec des charpentes et des combles qui communiquent d'un bâtiment à l'autre sans paroi coupe-feu.
Le feu progresse alors horizontalement sous les toitures, d'une maison à la suivante, bien plus vite qu'il ne le ferait dans un immeuble récent dont les logements sont séparés par des parois classées. C'est ce mécanisme qui explique qu'un feu resté localisé à un appartement ait pu toucher 36 logements répartis sur plusieurs adresses.
Le risque structurel qui prolonge la crise
Vingt-quatre heures après le début du sinistre, le risque d'effondrement de certaines façades obligeait encore les pompiers et la mairie à faire intervenir un engin de démolition spécialisé. Les bâtiments anciens en pierre et pans de bois perdent leur résistance mécanique sous l'effet prolongé de la chaleur, ce qui transforme une intervention incendie classique en une opération de mise en sécurité structurelle qui s'étire sur plusieurs jours.
Ce que cela change pour les occupants
Pour les habitants d'un immeuble ancien mitoyen, la leçon de Bergerac est claire : la détection précoce dans les parties communes et les combles compte davantage que dans un immeuble récent, car le délai avant propagation généralisée y est structurellement plus court.
Sources : arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation et INRS : le risque incendie sur les lieux de travail

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Demander un audit gratuitVos obligations : équipement et conformité d'un immeuble ancien
Un bâtiment d'habitation ancien reste soumis aux mêmes règles de sécurité incendie qu'un immeuble récent, même en secteur sauvegardé : seules les modalités de mise en œuvre des travaux s'adaptent aux contraintes patrimoniales, jamais le niveau d'exigence réglementaire lui-même.
- Détecteur de fumée : chaque logement doit disposer d'au moins un DAAF normalisé NF EN 14604 depuis le 8 mars 2015, à la charge du propriétaire pour l'installation.
- Parties communes et combles : l'arrêté du 31 janvier 1986 impose que les éléments séparant logements, caves et parties communes offrent une résistance au feu suffisante, avec des exigences allégées pour les immeubles antérieurs à 1987.
- Portes coupe-feu : les locaux poubelles et les accès aux circulations communes doivent rester équipés de portes coupe-feu fonctionnelles, un point souvent dégradé par des années d'usage dans le bâti ancien.
- Diagnostic avant travaux : toute intervention de recoupement coupe-feu dans un secteur sauvegardé nécessite l'accord des services de l'urbanisme, à anticiper largement avant le sinistre plutôt qu'après.
Source : arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation
Le retour d'expérience de Fabien AREL
Au printemps 2026, j'ai audité un immeuble ancien du centre-ville de Libourne, avec plusieurs logements et un commerce au rez-de-chaussée, après la demande d'un syndic inquiet pour sa prochaine assemblée générale.
En montant dans les combles, j'ai découvert que la charpente communiquait directement avec celle de l'immeuble voisin, sans aucune paroi coupe-feu entre les deux bâtiments. Aucun occupant, ni le syndic lui-même, n'en avait conscience avant cette visite.
Le syndic pensait, à tort, que les détecteurs de fumée installés dans chaque logement suffisaient à couvrir le risque de propagation. Je lui ai expliqué que ces combles communs restaient un angle mort total tant qu'aucune détection n'y était installée.
À la suite de cet audit, la copropriété a fait poser une détection de fumée dans les combles communs et a lancé une étude de recoupement coupe-feu avec les services de l'urbanisme, exactement le type de mesure qui aurait limité la propagation à Bergerac.
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Qu'il s'agisse d'une copropriété ou d'un bailleur, protéger un immeuble ancien en secteur mitoyen suppose de couvrir à la fois les logements et les zones communes à risque, combles compris.
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- Audit de conformité incendie : un diagnostic complet des combles, murs mitoyens et parties communes, réalisé par un préventionniste PRV1, pour prioriser les travaux avant un sinistre.
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A retenir
- Un incendie d'appartement à Bergerac a détruit 11 logements sur 36 touchés dans le quartier sauvegardé, sans faire de victime.
- Dans un centre historique, les combles et charpentes mitoyens sans recoupement coupe-feu expliquent une propagation bien plus rapide qu'en immeuble récent.
- Seul un audit de conformité permet d'identifier ces angles morts avant qu'un sinistre ne les révèle, patrimoine classé ou non.
Contexte : immeuble ancien en centre-ville, plusieurs logements et un commerce au rez-de-chaussée
Observation : Dans les centres anciens que j'audite en Dordogne et en Gironde, je retrouve régulièrement des combles communs non recoupés entre bâtiments mitoyens, un point que les occupants et même certains syndics ignorent complètement tant qu'aucun sinistre ne l'a révélé.
Ce qu'il faut retenir : Un immeuble ancien en secteur mitoyen se protège d'abord par une détection précoce dans les combles et les parties communes, bien avant d'envisager des travaux de recoupement coupe-feu souvent coûteux et longs à mettre en œuvre dans un bâti classé.
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Questions fréquentes
Dans un centre historique, les bâtiments anciens partagent souvent des combles, des charpentes ou des murs mitoyens qui n'ont jamais été recoupés par des éléments coupe-feu. Le feu progresse alors horizontalement sous les toitures d'un bâtiment à l'autre, comme à Bergerac, sans rencontrer d'obstacle structurel suffisant pour le stopper.
Le syndic de copropriété est responsable de l'entretien et de la conformité des parties communes, y compris des éléments de résistance au feu entre logements et combles. Chaque copropriétaire reste responsable du détecteur de fumée obligatoire dans son propre logement.
Le classement patrimonial n'allège aucune obligation de sécurité incendie : l'arrêté du 31 janvier 1986 s'applique aux bâtiments d'habitation quelle que soit leur ancienneté. Il impose seulement d'adapter les travaux de mise en conformité aux contraintes architecturales, avec l'accord des services de l'urbanisme.


