L'incendie du Moulleau : ce qui s'est passé dans la nuit du 5 juin 2026
Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 juin 2026, vers 2 h 21, un violent incendie s'est déclaré au cœur du quartier du Moulleau, à Arcachon (Gironde). Les flammes ont ravagé L'Oubli, bar emblématique installé dans un bâtiment art-déco, avant de se propager aux commerces voisins : un restaurant italien, une pâtisserie, un magasin mitoyen et un appartement de quarante mètres carrés. Trente-cinq sapeurs-pompiers, dix-sept véhicules et cinq lances à incendie ont été engagés, appuyés par des drones ; le foyer principal n'a été maîtrisé qu'à 5 h 30. Quatorze personnes ont été évacuées d'une résidence attenante. On ne déplore aucune victime, mais trente-trois salariés se retrouvent au chômage technique et le bâtiment, fragilisé, présente un risque d'effondrement localisé ayant imposé un périmètre de sécurité.
« L'Oubli est une institution arcachonnaise. Tout est détruit », a résumé le maire d'Arcachon, Yves Foulon. La cause du sinistre n'était pas déterminée à ce stade.
Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine — Incendie du bar L'Oubli au Moulleau
Pourquoi le feu a ravagé cinq commerces d'un coup : le risque de propagation entre mitoyens
Comment un départ de feu dans un bar a-t-il pu détruire cinq exploitations en quelques heures ? La réponse tient en un mot : la mitoyenneté. Au Moulleau, comme dans beaucoup de cœurs de station balnéaire, les commerces partagent des murs, des combles et une toiture communs, souvent dans des bâtiments anciens où les séparations coupe-feu n'ont jamais été mises aux normes actuelles. Lorsqu'un feu se déclare la nuit, dans un établissement fermé et sans personne pour donner l'alerte, il prospère librement pendant de longues minutes. Il gagne ensuite les volumes voisins par les combles, les gaines techniques ou les façades, bien avant l'arrivée des secours. C'est exactement le scénario d'une propagation horizontale entre tiers : un sinistre qui ne reste pas confiné à son local d'origine, faute d'isolement suffisant. Le règlement de sécurité des ERP impose précisément des parois séparatives coupe-feu pour éviter cette réaction en chaîne.
Ce phénomène n'a rien d'exceptionnel. L'INRS rappelle que la maîtrise d'un incendie se joue dans les premières minutes, et qu'à défaut de détection et de compartimentage, les conséquences sont presque toujours majeures : plus de 40 % des petites entreprises victimes d'un incendie ne rouvrent jamais. Au Moulleau, trente-trois emplois sont aujourd'hui suspendus.
Sources : INRS — Démarche de prévention du risque incendie — Légifrance — Isolement par rapport aux tiers (CO 6 à CO 10)

Vos obligations : isolement, compartimentage et premiers secours
Tout exploitant d'un commerce ou d'un ERP partageant un bâtiment avec des tiers est tenu de garantir un isolement coupe-feu. Voici les obligations non négociables :
- Isolement par rapport aux tiers : selon les articles CO 6 à CO 10 de l'arrêté du 25 juin 1980, les parois séparant un ERP d'un bâtiment voisin doivent être coupe-feu de degré deux heures (CF 2 h), porté à trois heures en cas de risques particuliers. Cet isolement vaut pour les murs, mais aussi pour les planchers et les combles.
- Communications coupe-feu : toute porte ou passage entre deux exploitations doit être un dispositif CF 2 h équipé d'un ferme-porte ou d'une fermeture automatique. Une simple porte en bois entre deux réserves est une faute lourde.
- Détection et alarme : un système d'alarme adapté à la catégorie de l'établissement permet d'alerter sans délai, y compris la nuit ; couplé à une détection automatique, il déclenche l'intervention avant que le feu ne gagne les mitoyens.
- Extincteurs vérifiés : un extincteur adapté au risque par 200 m² et par niveau, vérifié annuellement par un technicien certifié (article R4227-39 du Code du travail), permet de traiter un départ de feu avant propagation.
- Registre de sécurité : chaque vérification, contrôle de porte coupe-feu et exercice doit y être consigné. C'est le premier document que consulte la commission de sécurité.
Sources : Légifrance — Articles CO 6 à CO 10, Arrêté du 25 juin 1980
Le retour d'expérience de Fabien AREL
En février 2026, j'ai réalisé un audit de conformité pour un restaurant installé dans une rangée de commerces mitoyens, sur le bassin d'Arcachon. L'établissement était soigné, ses extincteurs à jour. Mais une porte de communication ouvrait directement sur la réserve du commerce voisin — une simple porte en bois, posée des années plus tôt pour mutualiser un espace de stockage. Aucun degré coupe-feu, aucun ferme-porte. En cas de feu chez l'un, l'autre était condamné.
J'ai aussi constaté que les combles n'étaient pas recoupés : un seul volume courait au-dessus des trois boutiques. Le gérant pensait, de bonne foi, que « la sécurité, c'était l'affaire des extincteurs ». C'est l'erreur la plus répandue : on protège son propre local sans voir que le risque vient du voisin. La pose d'une porte coupe-feu CF deux heures avec ferme-porte a suffi à rétablir l'isolement réglementaire.
L'équipement et le service qui protègent vos locaux
Protéger un commerce mitoyen, c'est protéger toute la rangée. FJ FIRE accompagne les bars, restaurants et commerces de Gironde — du bassin d'Arcachon à Bordeaux et Libourne — pour une mise en conformité sur mesure :
- Installation et maintenance de portes coupe-feu — pose et vérification de blocs-portes CF 2 h avec ferme-porte pour assurer l'isolement par rapport aux tiers
- Installation et maintenance d'extincteurs — dotation adaptée au risque, vérification annuelle NF EN 3, certificat de conformité pour votre registre
- Audit de conformité incendie — diagnostic complet ERP : isolement, compartimentage, alarme, extincteurs, évacuation, avec rapport écrit et plan d'action priorisé
- Formation manipulation extincteur — formation pratique du personnel à l'extinction d'un départ de feu, obligatoire en ERP recevant du public
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Découvrir l'ABF 2LA retenir
- Un incendie dans un commerce mitoyen se propage par les murs, les combles et la toiture communs : l'isolement coupe-feu par rapport aux tiers (articles CO 6 à CO 10) est la première barrière contre la réaction en chaîne.
- Une porte de communication entre deux exploitations doit être un dispositif coupe-feu deux heures avec ferme-porte — jamais une simple porte en bois.
- La nuit, un établissement fermé sans détection ni alarme laisse le feu prospérer librement : détection, alarme, extincteurs vérifiés et formation du personnel se jouent en amont du sinistre.
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Questions fréquentes
Dans une rangée de commerces, les exploitations partagent souvent des murs, des combles et une toiture communs, en particulier dans les bâtiments anciens. Si les parois séparatives n'ont pas le degré coupe-feu réglementaire, un feu qui se déclare dans un local gagne les volumes voisins par les combles, les gaines techniques ou les façades. La nuit, dans un établissement fermé, le départ de feu n'est pas détecté et prospère librement avant l'arrivée des secours. C'est le scénario d'une propagation horizontale entre tiers, que l'isolement coupe-feu vise précisément à empêcher.
L'isolement par rapport aux tiers est une obligation de l'arrêté du 25 juin 1980 (articles CO 6 à CO 10). Un établissement recevant du public doit être séparé des bâtiments voisins occupés par des tiers par des parois coupe-feu de degré deux heures (CF 2 h), porté à trois heures si l'une des activités présente des risques particuliers. Toute communication autorisée entre les deux doit se faire par un dispositif coupe-feu deux heures équipé d'une porte à fermeture automatique. Cet isolement empêche le feu de passer rapidement d'une exploitation à l'autre.
Un bar ou un restaurant (ERP type N) doit disposer d'extincteurs adaptés au risque — dont un extincteur à eau pulvérisée avec additif classe F en cuisine — vérifiés chaque année par un technicien certifié (article R4227-39 du Code du travail). S'y ajoutent un système d'alarme adapté à la catégorie, des parois et portes coupe-feu assurant l'isolement par rapport aux tiers, un éclairage de sécurité, et un registre de sécurité consignant toutes les vérifications. La formation du personnel à la manipulation des extincteurs est également obligatoire.


