La Souterraine : un feu de palier dans un HLM de quatre étages
Le vendredi 29 mai 2026, entre 16h20 et 16h30, les sapeurs-pompiers de la Creuse sont appelés rue Joliot-Curie, à La Souterraine, pour un feu qui s'est déclaré sur le palier du deuxième étage d'un immeuble HLM de quatre niveaux. Selon les médias locaux, la piste la plus probable à ce stade est celle d'une machine à laver, sans que la cause exacte soit confirmée par l'enquête de gendarmerie en cours.
Le feu se propage rapidement dans la cage d'escalier avant que les pompiers ne le maîtrisent. Trois personnes sont incommodées par les fumées lors de l'évacuation, l'une d'elles est transférée au centre hospitalier de Guéret pour une intoxication à la fumée. Au total, 42 habitants doivent quitter leur logement par précaution, dans un immeuble que gère Creusalis, l'office public de l'habitat qui compte plus de 5 200 logements sociaux en Creuse.
Une trentaine de sapeurs-pompiers du SDIS de la Creuse sont mobilisés. Le sinistre est maîtrisé vers 17h30, puis les équipes poursuivent le désenfumage et les vérifications de toxicité de l'air dans les étages. La réintégration des locataires dépend des contrôles en cours.
Source : Actu.fr : incendie dans un immeuble HLM à La Souterraine
L'analyse de notre expert incendie
Un départ de feu hors des logements, dans un angle mort réglementaire
Ce sinistre illustre un angle mort fréquent de la réglementation incendie des immeubles d'habitation. L'obligation de détecteur de fumée, issue de la loi du 9 mars 2010, ne couvre que l'intérieur de chaque logement. Un palier, une cage d'escalier ou un local technique commun, pourtant régulièrement à l'origine de départs de feu liés à l'électroménager ou aux installations électriques, n'entrent dans aucune obligation de détection équivalente.
Cette zone grise ne profite jamais aux locataires : un feu qui démarre hors du logement progresse sans alerte avant que la fumée n'atteigne un détecteur individuel, souvent trop tard pour limiter l'exposition des occupants des étages supérieurs. Seuls les établissements recevant du public imposent une détection généralisée des circulations ; les immeubles d'habitation collectifs, pourtant tout aussi concernés par ce risque, restent soumis au bon vouloir du bailleur.
Pourquoi la cage d'escalier amplifie le sinistre
Une cage d'escalier fonctionne comme un conduit naturel qui aspire fumées et chaleur vers les étages supérieurs. C'est ce qui explique que 42 personnes aient dû être évacuées pour un feu resté localisé au deuxième étage : l'escalier, seule issue de secours verticale de l'immeuble, s'est rapidement enfumé et a rendu la circulation dangereuse pour l'ensemble des résidents, au-delà du seul palier sinistré.
Ce que révèle le délai d'intervention
Le feu a été maîtrisé en un peu plus d'une heure, un délai correct pour un sinistre de parties communes, mais trois personnes ont tout de même été incommodées avant l'arrivée des secours. Cela confirme qu'un système de détection dans les circulations communes, couplé à un désenfumage d'escalier opérationnel, réduit mécaniquement le temps d'exposition des habitants aux fumées, bien avant l'intervention des pompiers.
Sources : Article L129-8 du Code de la construction et de l'habitation et INRS : prévention du risque électrique

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Demander un audit gratuitVos obligations : équipement et conformité d'un immeuble collectif
Dans un immeuble d'habitation, les obligations se répartissent entre le logement, à la charge du propriétaire et de l'occupant, et les parties communes, à la charge du bailleur ou du syndic.
- Détecteur de fumée : chaque logement doit disposer d'au moins un DAAF normalisé NF EN 14604 depuis le 8 mars 2015, l'installation revenant au propriétaire et l'entretien courant à l'occupant.
- Parties communes : aucun texte n'impose un nombre minimal d'extincteurs ou de détecteurs sur les paliers d'un immeuble d'habitation classique, contrairement aux ERP, ce qui laisse l'initiative au bailleur.
- Désenfumage d'escalier : lorsqu'il existe, le système doit être vérifié périodiquement pour garantir l'évacuation des fumées hors de la cage d'escalier en cas de sinistre.
- Installations électriques communes : les gaines, compteurs et locaux techniques accessibles aux résidents doivent faire l'objet de contrôles réguliers, en particulier dans les immeubles anciens.
Source : Article L129-8 du Code de la construction et de l'habitation
Le retour d'expérience de Fabien AREL
Lors d'un audit cet hiver dans un immeuble de bailleur social en Creuse, j'ai été appelé après un incident similaire : un départ de feu dans un local technique de cave, resté sans détection pendant plusieurs minutes.
Les résidents n'avaient rien senti avant que la fumée n'atteigne les étages par la cage d'escalier, exactement le même mécanisme qu'à La Souterraine. Le bailleur pensait, à tort, que les DAAF installés dans chaque logement suffisaient à couvrir l'ensemble du bâtiment.
J'ai dû lui expliquer que la loi de 2010 ne couvre que l'intérieur des logements, et que les parties communes restent un angle mort tant que le gestionnaire ne décide pas, de sa propre initiative, d'y installer une détection ou des extincteurs.
Depuis cet audit, l'office a équipé l'ensemble de ses cages d'escalier d'un détecteur de fumée par palier, un investissement modeste au regard du risque qu'il couvre.
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Qu'il s'agisse d'un bailleur social ou d'une copropriété, protéger un immeuble suppose de couvrir à la fois les logements et les circulations communes, deux périmètres aux obligations différentes.
- Extincteur pour particuliers : pour équiper un logement, un local technique ou une loge de gardien, un extincteur certifié NF adapté au risque identifié.
- Audit de conformité incendie : un diagnostic complet des parties communes, réalisé par un préventionniste PRV1, pour identifier les paliers, caves et locaux techniques à équiper en priorité.
- Installation et maintenance extincteur : pour les bailleurs sociaux et syndics, la pose et le suivi annuel des équipements dans les parties communes, avec registre de sécurité tenu à jour.
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A retenir
- Un feu de palier à La Souterraine (Creuse) a intoxiqué trois habitants et provoqué l'évacuation de 42 personnes dans un immeuble HLM.
- Le détecteur de fumée obligatoire ne couvre que l'intérieur des logements, jamais les paliers ni les cages d'escalier.
- Équiper les parties communes en détection et en extincteurs reste une démarche volontaire du bailleur, que seul un audit de conformité permet de prioriser efficacement.
Contexte : immeuble collectif géré par un bailleur social
Observation : Dans les immeubles de bailleurs sociaux que j'audite en Creuse et en Haute-Vienne, je retrouve régulièrement des parties communes sans aucun extincteur ni détection de fumée sur les paliers, alors que ce sont justement ces circulations qui concentrent les appareils électroménagers mal entretenus des caves et des locaux techniques.
Ce qu'il faut retenir : Un palier d'immeuble collectif se protège par une détection précoce de la fumée dans les circulations et par un désenfumage d'escalier fonctionnel, deux équipements que les bailleurs sociaux négligent plus souvent que les logements eux-mêmes.
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Questions fréquentes
L'obligation légale de l'article L129-8 du Code de la construction et de l'habitation porte sur chaque logement, pas sur les parties communes. Un palier ou une cage d'escalier n'est donc pas couvert par un DAAF réglementaire, ce qui retarde souvent la détection d'un départ de feu qui démarre, comme à La Souterraine, hors des logements eux-mêmes.
Le bailleur social, propriétaire des parties communes, est responsable de leur équipement en moyens de première intervention. Rien n'impose un nombre minimal d'extincteurs dans un immeuble d'habitation classique, contrairement aux ERP, mais un audit de conformité permet d'identifier les paliers et locaux techniques les plus exposés.
Ne jamais ouvrir sa porte palière sans vérifier l'absence de fumée dans l'encadrement, calfeutrer le bas de la porte avec un linge humide si la fumée progresse, et attendre les consignes des secours plutôt que de tenter une évacuation à travers un escalier enfumé. C'est le principe du confinement, rappelé systématiquement par les pompiers lors de ce type d'intervention.


