Buxerolles (Vienne) : ce qui s'est passé
Jeudi 24 septembre 2026, un peu après midi, un épais panache de fumée noire s'est élevé au-dessus de Buxerolles, une commune de l'agglomération de Poitiers. Le feu venait du toit d'un immeuble d'habitation, propriété du bailleur social Habitat de la Vienne, situé à l'angle des rues Abel Tassin et du Planty. Le bâtiment était en cours de rénovation.
Selon les premiers éléments transmis par le SDIS 86, l'incendie est parti de travaux réalisés sur la toiture : des plaques de polystyrène destinées à l'isolation ont pris feu. Vingt-trois sapeurs-pompiers ont été mobilisés. Quatre ouvriers travaillant sur le toit ont été évacués, dont deux légèrement blessés. Le feu n'a pas gagné les étages inférieurs et le chantier ne devrait pas être retardé par cet épisode.
L'analyse de notre expert incendie
Le risque sous-estimé : un isolant qui devient combustible
Le polystyrène expansé ou extrudé, très utilisé en isolation de toiture pour ses performances thermiques, reste un matériau combustible. Dès qu'il est exposé à une source de chaleur, une étincelle de meuleuse ou une flamme de chalumeau, il s'enflamme rapidement et propage le feu en surface. Sa combustion dégage en plus une épaisse fumée noire chargée en particules toxiques, celle-là même qui a été visible depuis plusieurs kilomètres à Poitiers ce 24 septembre.
Ce risque n'est pas propre à Buxerolles. Sur tout chantier de rénovation énergétique où l'on pose un isolant avant d'intervenir avec des outils générant de la chaleur, le même scénario peut se reproduire : personne ne surveille le point chaud, aucun extincteur n'est à portée de main, et le feu prend plus vite que prévu.
Le cadre réglementaire : permis de feu et point chaud
Les travaux par points chauds (découpe, meulage, soudage) sont à l'origine de près de 30 % des incendies en entreprise selon l'INRS. C'est pour cette raison que le permis de feu existe : ce document formalise les précautions à prendre avant, pendant et après l'intervention, avec une surveillance obligatoire d'au moins deux heures après l'arrêt des travaux, le temps qu'un foyer résiduel ne redémarre pas.
L'article R4227-28 du Code du travail impose à l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour qu'un départ de feu puisse être combattu rapidement et efficacement. Sur un chantier de bâtiment, cela se traduit concrètement par un extincteur immédiatement disponible à chaque point chaud, en particulier lorsque des matériaux combustibles comme le polystyrène sont manipulés à proximité.
La leçon à retenir
Cet incendie n'a fait aucun mort et n'a pas retardé le chantier, mais il illustre un enchaînement classique : matériau combustible, point chaud, absence ou éloignement du moyen d'extinction. Sur un chantier de toiture, ces trois éléments réunis suffisent à transformer une simple opération de découpe en sinistre visible à des kilomètres à la ronde.
Sources : Légifrance, article R4227-28 du Code du travail et INRS ED 6030, le permis de feu

Vos obligations : chantier de toiture et travaux par point chaud
Dès qu'une entreprise intervient sur une toiture avec découpe, meulage ou soudage à proximité d'un isolant, plusieurs obligations s'appliquent avant même le premier coup d'outil.
- Permis de feu : document obligatoire pour toute opération par point chaud, à établir avant chaque intervention et renouveler à chaque changement d'opérateur, de lieu ou de méthode.
- Extincteur de proximité : un appareil adapté au risque (poudre ou eau) doit être disponible à moins de 5 mètres du point chaud, conformément à l'article R4227-28 du Code du travail.
- Surveillance post-travaux : un poste de surveillance doit être maintenu au minimum deux heures après l'arrêt des travaux, le temps de s'assurer qu'aucun foyer résiduel ne couve dans l'isolant.
- Formation du personnel : les ouvriers intervenant sur point chaud doivent savoir déclencher l'alerte et utiliser un extincteur portatif en situation d'urgence.
Sources : Légifrance, article R4227-28 du Code du travail
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Demander un audit gratuitLe retour d'expérience de Fabien AREL
En juin 2026, j'ai audité un chantier de rénovation à Libourne où une entreprise de couverture posait un isolant polystyrène sur une toiture d'un bâtiment collectif, avant intervention prévue d'une équipe de soudure pour fixer les fixations métalliques.
En arrivant sur site, j'ai constaté qu'aucun permis de feu n'avait été établi et que l'extincteur le plus proche se trouvait dans le véhicule utilitaire garé au pied de l'immeuble, à plus de 30 mètres du point de travail. Le chef de chantier pensait que cette obligation ne concernait que les entreprises industrielles classées ICPE.
Je lui ai expliqué que l'article R4227-28 du Code du travail s'applique à tout employeur, quel que soit le secteur, dès qu'un risque incendie existe sur le lieu de travail. Nous avons mis en place un permis de feu type et positionné un extincteur portatif directement sur la nacelle de travail.
Le chef de chantier m'a rappelé quelques semaines plus tard pour équiper deux autres chantiers de rénovation de toiture, après avoir pris conscience du risque réel que représentait l'isolant combustible.
L'équipement et le service qui protègent
Pour les entreprises du bâtiment intervenant sur des chantiers avec isolants combustibles, la prévention passe par un équipement adapté et un personnel formé au bon geste.
- Formation manipulation extincteur en entreprise : vos équipes de chantier apprennent à réagir en moins d'une minute face à un départ de feu, geste essentiel lors de travaux par point chaud.
- Audit de conformité incendie : un diagnostic complet de vos obligations, permis de feu compris, pour vos chantiers récurrents.
- Installation et maintenance extincteur en entreprise : des extincteurs vérifiés et positionnés au bon endroit, y compris sur vos zones de chantier temporaires.
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A retenir
- Le 24 septembre 2026, un incendie de toiture à Buxerolles (Vienne) a démarré sur des plaques de polystyrène en cours de pose, deux ouvriers légèrement blessés.
- Tout travail par point chaud à proximité d'un isolant combustible impose un permis de feu et un extincteur à moins de 5 mètres, selon l'article R4227-28 du Code du travail.
- Une surveillance d'au moins deux heures après l'arrêt des travaux permet d'éviter la reprise d'un foyer résiduel dans l'isolant.
Contexte : chantier de rénovation de toiture (bailleur social)
Observation : Ce cas n'est pas isolé : sur plusieurs chantiers de rénovation énergétique que j'audite, je retrouve la même absence de permis de feu dès qu'il y a découpe ou soudure à proximité d'un isolant polystyrène ou polyuréthane.
Ce qu'il faut retenir : Le réflexe à installer chez les entreprises du bâtiment : un extincteur à poudre ou à eau à moins de 5 mètres de tout point chaud, et une personne dédiée à la surveillance post-travaux pendant au moins deux heures.
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Questions fréquentes
Le permis de feu est un document qui encadre tout travail générant des étincelles ou une surface chaude (découpe, meulage, soudage). Il liste les précautions avant, pendant et après l'intervention, notamment une surveillance d'au moins deux heures après l'arrêt des travaux. Il est requis dès qu'un point chaud est produit à proximité de matériaux combustibles comme un isolant polystyrène.
Le polystyrène expansé ou extrudé est un matériau combustible qui s'enflamme rapidement et dégage une fumée noire et toxique. Son classement au feu (Euroclasse) doit être vérifié avant la pose, et toute opération par point chaud à proximité impose des précautions renforcées et un extincteur immédiatement disponible.
L'entreprise qui réalise les travaux par point chaud doit évaluer le risque incendie et mettre à disposition un extincteur adapté à proximité immédiate de l'intervention, conformément à l'article R4227-28 du Code du travail, même si l'obligation générale d'un extincteur pour 200 m² ne s'applique pas telle quelle aux chantiers de bâtiment.


