Que s'est-il passé à Lacanau le 28 juillet 2026 ?
Le mardi 28 juillet 2026, à 10h30, la préfète de Gironde Sophie BROCAS a ordonné l'évacuation préventive de l'ensemble des campings, résidences de tourisme, villages vacances et parcs de loisirs de Lacanau. La décision répondait à l'avancée du mégafeu de Gironde, parti de Saumos le 22 juillet, qui approchait des zones boisées entourant la commune. En six jours, le sinistre avait déjà parcouru 42 000 hectares sur le pourtour du bassin d'Arcachon.
La mesure ciblait exclusivement les hébergements touristiques, en raison de leurs caractéristiques fragiles : tentes, mobil-homes, structures en bois. La population permanente de Lacanau n'était pas concernée à ce stade. En moins de cinq heures, 4 000 vacanciers ont quitté leurs hébergements par les axes vers Carcans et Castelnau-Médoc. Des centres d'accueil ont été ouverts par la préfecture et Bordeaux Métropole. À 15h00, l'évacuation était achevée dans le calme. Aucun quartier de Lacanau n'a brûlé.
Source : Préfecture de la Gironde, communiqué du 28 juillet 2026
Pourquoi les campings en zone forestière sont-ils plus exposés au risque incendie ?
Les campings en zone forestière : un cumul de facteurs de risque
Les hébergements de plein air concentrent des dangers rarement réunis ailleurs. Un camping en lisière de pinède expose ses occupants à deux menaces simultanées : un départ de feu interne (prise de courant défaillante, barbecue mal éteint, mégot) et la progression d'un feu de forêt depuis les abords. La densité d'occupation en haute saison, la présence de tentes et de mobil-homes en matériaux plastiques très inflammables, et la faible connaissance des lieux par les vacanciers amplifient le danger.
Pourquoi l'évacuation de Lacanau a fonctionné
À Lacanau, l'évacuation s'est achevée en moins de cinq heures. Ce résultat tient d'abord à la décision préfectorale précoce, prise à 10h30 alors que le feu n'avait pas encore atteint la commune. Les exploitants disposaient du temps nécessaire pour organiser un départ ordonné. À l'inverse, une décision tardive ou l'absence de plan d'évacuation préétabli aurait pu transformer un départ ordonné en mouvement de panique dans une ville saturée de vacanciers et de voitures en milieu d'été.
Ce que la réglementation impose, et que beaucoup ignorent
En France, tout terrain de camping accueillant plus de 20 personnes ou plus de 6 emplacements est un Établissement Recevant du Public de type PA, au sens de l'arrêté du 25 juin 1980. Cette classification entraîne des obligations précises : extinction, détection, alerte, évacuation. Ces règles s'appliquent qu'il s'agisse d'un camping de 50 emplacements ou d'un parc résidentiel de 500 places. La catégorie ERP (de 1 à 5) dépend de la capacité d'accueil et conditionne l'intensité des contrôles.
Les campings de Lacanau accueillent plusieurs milliers de personnes en haute saison. Ils relèvent donc des premières catégories ERP, soumises à des obligations renforcées : commission de sécurité obligatoire avant ouverture, visite périodique, registre de sécurité à jour. Ces établissements doivent également satisfaire aux prescriptions liées aux zones à risque feux de forêt, qui ajoutent des exigences de débroussaillement, de signalétique spécifique et de protocoles d'alerte particuliers.
Sources : Légifrance : articles PA 1 à PA 14 de l'arrêté du 25 juin 1980 et INRS : réglementation incendie ERP

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Demander un audit gratuitQuelles obligations de sécurité incendie s'imposent aux ERP de type PA en zone forestière ?
Pour les campings et hébergements de plein air situés en zone forestière, les obligations de sécurité incendie ERP s'articulent autour de deux registres complémentaires. Le premier est le droit commun des ERP type PA : extincteurs réglementaires, issues de secours balisées, alarme permettant l'alerte de tous les occupants, plan d'évacuation affiché, formation annuelle du personnel. Le second registre concerne le risque naturel : les préfets peuvent imposer des obligations complémentaires aux exploitants d'hébergements situés en zone classée à risque incendie de forêt.
Ces deux exigences ne sont pas alternatives. Elles se cumulent. Un camping conforme à l'arrêté du 25 juin 1980 mais sans protocole spécifique feux de forêt n'est pas en règle. À l'inverse, un protocole préfectoral d'évacuation ne remplace pas l'obligation de tenir des extincteurs vérifiés et un registre de sécurité à jour. C'est l'ensemble du dispositif qui garantit la sécurité en cas de crise.
Les obligations à couvrir :
- Extincteurs ERP type PA : 1 extincteur pour 200 m² de surface bâtie, vérification annuelle obligatoire par un technicien compétent, consignée dans le registre de sécurité
- Alarme et détection : dispositif sonore audible en tout point du site, DAAF conforme NF EN 14604 dans chaque mobil-home ou habitation légère de loisirs
- Plan d'évacuation double : plan interne pour un départ de feu localisé sur site ET plan externe pour une évacuation générale ordonnée par la préfecture, tous deux affichés et mis à jour chaque saison
- Débroussaillement : 50 mètres autour des bâtiments et des emplacements en zone à risque forêt, conformément à l'article L. 134-6 du Code forestier
- Signalétique risque naturel : au moins 1 panneau d'information par 5 000 m² de terrain, indiquant les consignes d'alerte et les axes d'évacuation
Le retour d'expérience de Fabien AREL
En mai 2026, j'ai réalisé un audit de conformité dans un camping quatre étoiles de Hourtin, en Médoc. L'établissement compte 350 emplacements dont 120 mobil-homes, en lisière directe d'une pinède. Le gérant m'avait contacté après une inspection préfectorale : la commission de sécurité venait de lui notifier trois réserves majeures à lever avant l'ouverture de saison.
Sur place, j'ai constaté que l'établissement ne disposait que d'un seul plan d'évacuation, conçu pour un départ de feu interne au camping. Aucune procédure ne distinguait l'évacuation vers un point de rassemblement intérieur et l'évacuation générale vers l'extérieur du site. Les extincteurs du secteur mobil-homes n'avaient pas été vérifiés depuis deux ans. L'alarme, présente dans le bloc sanitaire principal, n'était pas audible depuis les emplacements les plus éloignés.
Le gérant pensait qu'un plan d'évacuation standard suffisait. Je lui ai expliqué que pour un camping en zone forestière, deux procédures distinctes sont indispensables. La procédure interne gère un départ de feu localisé sur le site : elle mobilise le personnel, utilise les extincteurs et guide les occupants vers les issues de secours. La procédure externe, déclenchée sur ordre de la préfecture, organise le départ de tous les occupants vers des axes de repli définis à l'avance avec les services de l'État.
Après l'audit, le gérant a fait réviser l'ensemble de ses extincteurs, fait installer un système d'alarme audible sur l'intégralité du site et rédigé les deux plans d'évacuation avec nos équipes. La commission de sécurité lui a délivré un avis favorable avant l'ouverture.
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- Plans d'évacuation : conception des plans internes et externes adaptés au risque feux de forêt, conformes NF X 08-070
- Installation et maintenance extincteur : vérification annuelle, remplacement, mise en conformité réglementaire
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À retenir : sécurité incendie et évacuation pour les campings
-> Tout camping accueillant plus de 20 personnes est un ERP de type PA, soumis à l'arrêté du 25 juin 1980 : extincteurs, alarme, plans d'évacuation et formation du personnel sont obligatoires. -> En zone forestière, deux plans d'évacuation distincts sont nécessaires : un plan interne pour un feu localisé sur le site et un plan externe pour une évacuation générale ordonnée par la préfecture. -> L'évacuation réussie de Lacanau le 28 juillet 2026 repose sur une décision préfectorale anticipée et des exploitants préparés. Un audit de conformité annuel et une formation du personnel ne sont pas optionnels pour un hébergement en lisière de forêt.
Contexte : camping 4 étoiles en lisière de pinède
Observation : Ce type de lacune n'est pas isolé. Dans les campings girondins que j'audite chaque début de saison, je retrouve systématiquement un plan d'évacuation unique conçu pour un départ de feu interne, sans aucune procédure distincte pour un feu de forêt d'interface. Les exploitants ne réalisent pas que les deux situations appellent des réponses radicalement différentes.
Ce qu'il faut retenir : Un camping en zone forestière a besoin de deux plans d'évacuation : un plan interne pour un feu localisé sur le site, et un plan externe pour une évacuation générale ordonnée par la préfecture. Faire la distinction lors des exercices annuels peut faire gagner des minutes décisives.
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Questions fréquentes
Oui. Tout terrain de camping accueillant plus de 20 personnes ou plus de 6 emplacements est classé Établissement Recevant du Public de type PA (Plein Air) au sens de l'arrêté du 25 juin 1980 modifié. L'exploitant doit installer des extincteurs conformes (1 extincteur minimum pour 200 m² de surface bâtie), baliser les issues de secours avec des blocs autonomes d'éclairage de sécurité (BAES), afficher un plan d'évacuation lisible depuis chaque emplacement et former son personnel aux procédures d'alerte, d'évacuation et de première intervention. Un registre de sécurité doit être tenu à jour et présenté à la commission de sécurité lors de chaque visite périodique. Le non-respect de ces obligations expose l'exploitant à une fermeture administrative et à des sanctions pénales.
Oui, et c'est la lacune la plus fréquente que je constate lors de mes audits en Gironde. Un camping en zone forestière doit disposer de deux procédures d'évacuation distinctes, définies avant chaque saison. La première est un plan interne : il gère un départ de feu localisé sur le site, mobilise le personnel, utilise les extincteurs et guide les occupants vers les points de rassemblement. La seconde est un plan externe : déclenché sur ordre de la préfecture, il organise l'évacuation complète de tous les vacanciers vers des axes de repli préidentifiés avec les services de l'État. Ces deux plans doivent être affichés dans chaque zone du camping, mis à jour chaque saison et intégrés dans les exercices annuels du personnel. L'absence du plan externe est passible d'une réserve majeure en commission de sécurité.
La vérification annuelle des extincteurs est une obligation légale pour tout ERP de type PA, conformément à l'article MS 73 de l'arrêté du 25 juin 1980. Elle doit être réalisée par un technicien compétent, et l'intervention doit être consignée dans le registre de sécurité avec la date, le nom du technicien et les éventuelles anomalies constatées. En zone forestière, il est fortement recommandé d'ajouter un contrôle visuel mensuel en saison estivale pour détecter toute détérioration, fuite de gaz propulseur ou obstruction de l'orifice de décharge avant une période de risque élevé. Un extincteur non vérifié depuis plus de 12 mois doit être retiré du service jusqu'à sa vérification, sous peine d'engager la responsabilité pénale de l'exploitant en cas d'incident.


