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Montendre : un incendie de toiture détruit deux appartements, un immeuble voisin évacué

Par Fabien ARELPublié le • Mis à jour le

Le samedi 10 octobre 2026, peu avant 8 heures, un incendie se déclare dans un bâtiment du centre-ville de Montendre, en Charente-Maritime, entre la Grande Rue et la rue de l'Hôtel de Ville. Le feu touche le deuxième étage puis les combles, la toiture s'effondre sur le troisième niveau et un immeuble voisin doit à son tour être évacué. Fabien AREL, expert sécurité incendie certifié PRV1 et ancien pompier de la BSPP, décrypte ce sinistre de toiture et les équipements qui en limitent les conséquences.

Fabien AREL
Fabien AREL LinkedIn
Expert Sécurité Incendie
PRV1 PréventionnistePompier de Paris (BSPP, 14 ans)APSAD R5 : RIA
En bref

Le 10 octobre 2026, un incendie se déclare au deuxième étage d'un immeuble du centre-ville de Montendre, en Charente-Maritime. Le feu gagne les combles, la toiture s'effondre partiellement et un bâtiment voisin doit être évacué. Environ quinze personnes sont mises à l'abri et 58 pompiers maîtrisent le sinistre en quelques heures, sans blessé parmi les habitants.

Montendre : un incendie de toiture détruit deux appartements, un immeuble voisin évacué

Montendre : un feu de toiture ravage deux appartements du centre-ville

Le samedi 10 octobre 2026, peu avant 8 heures, les sapeurs-pompiers de Charente-Maritime sont appelés pour un incendie dans un bâtiment d'environ 600 m², situé entre la Grande Rue et la rue de l'Hôtel de Ville, au cœur du centre-ville de Montendre. Le feu démarre au deuxième étage puis gagne les combles, un volume sous toiture qui propage rapidement les flammes vers le troisième niveau.

La toiture s'effondre partiellement sur le dernier étage pendant l'intervention. Deux appartements et quatre combles sont ravagés par le sinistre. Le feu atteint également un bâtiment voisin, qui doit à son tour être évacué par précaution, alors que les flammes n'y ont pas directement progressé.

Environ quinze personnes sont évacuées et accueillies dans une salle mise à disposition par la mairie, sans être incommodées par les fumées. Jusqu'à 58 sapeurs-pompiers, une dizaine d'engins et trois lances à eau sont mobilisés sous la direction du commandant Patrick Lys, du SDIS 17. Le feu est maîtrisé en milieu de journée, mais des foyers résiduels subsistent encore dans la charpente. Aucun habitant n'est blessé ; un pompier est pris d'un coup de chaud. Le courant est coupé dans le quartier et la circulation interrompue le temps de l'intervention.

Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine : incendie d'habitation à Montendre

📍 Montendre : voir sur OpenStreetMap

L'analyse de notre expert incendie

Pourquoi un feu de combles provoque-t-il un effondrement de toiture ?

Une charpente traditionnelle, qu'elle soit en bois ou renforcée de poutres anciennes, perd sa résistance mécanique très vite une fois que le feu l'attaque directement. À Montendre, c'est exactement ce mécanisme qui a conduit à l'effondrement partiel de la toiture sur le troisième niveau, quelques dizaines de minutes après le passage du feu dans les combles.

C'est un scénario que je retrouve régulièrement en intervention : un départ de feu aux étages inférieurs, souvent d'origine électrique, gagne un comble aménagé ou isolé où rien n'arrête sa progression avant la charpente elle-même. Une fois la couverture fragilisée, le risque de chute de matériaux impose aux pompiers d'évacuer par anticipation tout bâtiment mitoyen, même si les flammes n'y ont pas encore progressé, comme à Montendre.

Pourquoi évacuer un immeuble voisin qui n'est pas en feu ?

L'évacuation du bâtiment voisin de Montendre illustre une règle constante des interventions sur feu de toiture en centre-ville ancien : la mitoyenneté des murs et des charpentes transforme un sinistre localisé en risque collectif. La chaleur et les braises peuvent franchir un mur mitoyen ou une charpente commune bien avant que les flammes ne soient visibles de l'autre côté.

Cette précaution, qui semble disproportionnée vue de l'extérieur, protège en réalité les occupants d'un effondrement différé ou d'une propagation silencieuse par les combles partagés, invisible depuis les logements eux-mêmes.

Que retenir pour les copropriétés de centre-bourg ?

Un immeuble ancien de centre-ville cumule souvent deux fragilités : une charpente jamais inspectée depuis sa construction et un câblage électrique vieillissant qui transite par les combles. Aucune de ces deux fragilités n'est visible au quotidien, ni pour les occupants ni pour le syndic.

La prévention passe donc par une vérification périodique de ces volumes cachés, en complément des détecteurs de fumée et des extincteurs installés dans les parties visibles du bâtiment.

Sources : Légifrance : article L129-8 du CCH et INRS : prévention du risque électrique

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Détecteur de fumée fixé au plafond d'un couloir d'immeuble ancien, extincteur à eau posé au sol, prévention incendie en copropriété

Vos obligations : détecteur, extincteur et parties communes

Tout logement, dans un immeuble ancien comme dans une construction récente, doit disposer d'au moins un détecteur autonome avertisseur de fumée conforme à la norme NF EN 14604. L'installation incombe au propriétaire, y compris en location, et l'entretien courant à l'occupant : test régulier, remplacement de la pile, changement de l'appareil après une dizaine d'années.

Dans une copropriété de centre-bourg, la sécurité incendie ne s'arrête pas à la porte de chaque logement. Les parties communes et les volumes partagés, combles et charpente en tête, relèvent d'une responsabilité collective que beaucoup de syndics découvrent seulement après un sinistre.

  • Détecteur (DAAF) : un appareil au minimum par logement, conforme NF EN 14604, installé par le propriétaire et entretenu par l'occupant.
  • Charpente et combles : vérification périodique de l'état du bois et du câblage électrique qui y transite, en particulier dans les immeubles anciens.
  • Extincteurs des parties communes : quand ils existent, vérification annuelle obligatoire par un technicien qualifié, avec rapport écrit remis au syndic.
  • Issues et circulations : maintien en bon état des cages d'escalier pour permettre une évacuation rapide en cas de sinistre.

Sources : Légifrance : article L129-8 du CCH

Le retour d'expérience de Fabien AREL

Au printemps 2026, j'interviens dans une petite copropriété du centre-bourg de Jonzac, en Charente-Maritime, à la demande d'un syndic qui souhaitait un état des lieux avant des travaux de toiture.

En accédant aux combles par une trappe rarement ouverte, je découvre une partie de la charpente rongée par l'humidité et un ancien câblage électrique abandonné, toujours raccordé au tableau général de l'immeuble.

Le syndic pensait que seule l'étanchéité de la toiture justifiait les travaux prévus. Je lui ai expliqué que le risque électrique logé dans ce même volume méritait une mise hors tension immédiate, avant même le début du chantier.

Le syndic a fait intervenir un électricien en urgence la semaine suivante, puis a intégré cette vérification au cahier des charges des travaux de toiture.

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À retenir

  • Le 10 octobre 2026, un incendie de toiture a détruit deux appartements et quatre combles à Montendre : 15 personnes évacuées, un immeuble voisin mis à l'abri, 58 pompiers mobilisés, aucun blessé parmi les habitants.
  • Un feu de combles fragilise rapidement la charpente et justifie l'évacuation préventive des bâtiments mitoyens, même sans flamme visible de leur côté.
  • Détecteurs conformes NF EN 14604 dans chaque logement, extincteur accessible et vérification périodique de la charpente et du câblage des combles protègent un immeuble ancien de centre-bourg.
Retour terrain, Jonzac, Printemps 2026

Contexte : immeuble ancien en copropriété, centre-bourg

Observation : Dans les petites copropriétés de centre-bourg que j'audite en Charente-Maritime, je retrouve régulièrement des combles aménagés ou isolés sans aucune vérification de la charpente ni du câblage qui y passe, alors que ce sont ces volumes sous toiture qui propagent le plus vite un incendie une fois la couverture atteinte.

Ce qu'il faut retenir : Un immeuble ancien à toiture traditionnelle se protège autant par la détection précoce dans les logements que par une vérification périodique de la charpente et des installations électriques des combles, trop souvent oubliées des copropriétés.

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Questions fréquentes

Fabien AREL

À propos de l'auteur

Fabien AREL

Expert Sécurité Incendie

Ancien pompier de la BSPP, certifié PRV1 Préventionniste, Fabien accompagne les entreprises et les particuliers de Nouvelle-Aquitaine dans leur mise en conformité depuis plus de 10 ans.