Manufacture des tabacs de Tonneins : ce qui s'est passé le 21 juillet 2026
Le mardi 21 juillet 2026, peu après 10 heures du matin, un incendie d'ampleur inhabituelle s'est déclaré dans l'ancienne manufacture des tabacs SEITA de Tonneins, en Lot-et-Garonne. Le site, fondé en 1866 et laissé vacant depuis deux décennies, était en cours de réhabilitation depuis 2023 sous la conduite de l'EPF Nouvelle-Aquitaine. Quatre-vingts sapeurs-pompiers du SDIS 47 ont été mobilisés, renforcés par des équipes de Gironde et de Dordogne, avec neuf lances à incendie et quatre grandes échelles.
Bilan officiel : 4 150 m² de bâtiments détruits, contre 16 000 m² préservés grâce à l'intervention des secours. Soixante-dix riverains ont été évacués par précaution et accueillis à la salle municipale de La Manoque. Les routes D120 et D813 ont été fermées à la circulation. Aucun blessé n'est à déplorer parmi les travailleurs du chantier, évacués dès les premières minutes. Le feu a été déclaré fixé à 14 heures, après quatre heures d'intervention intense.
L'ancienne manufacture des tabacs, fleuron industriel fondé en 1866, avait déjà subi un incendie en 2019, sans commune mesure avec le sinistre de juillet 2026. Le vaste projet de requalification urbaine sur 5 hectares, impliquant logements, commerces et équipements publics, se trouve désormais sérieusement compromis selon les premières déclarations des autorités locales.
L'analyse de notre expert incendie
Un chantier de rénovation : un risque d'incendie sous-estimé
Les travaux de réhabilitation génèrent des risques d'incendie bien spécifiques, régulièrement négligés sur le terrain. Les opérations à points chauds (soudure, meulage, découpe au chalumeau) figurent parmi les premières causes de sinistres sur chantier, représentant 30 % des départs de feu en milieu professionnel selon l'INRS. À Tonneins, la piste d'un départ de feu lié aux travaux en cours a été évoquée dès les premières heures par les autorités locales.
Un bâtiment en réhabilitation cumule plusieurs facteurs aggravants : présence de matériaux secs (bois, isolants), absence de compartimentage coupe-feu opérationnel, accès difficiles pour les secours et, très souvent, un déficit d'équipements d'extinction dans les zones de travaux. À Tonneins, les pompiers ont craint l'effondrement des façades fragilisées par la chaleur. Seize mille mètres carrés ont néanmoins pu être sauvés grâce à la rapidité de l'intervention.
Le permis de feu : une exigence méconnue sur les chantiers
Le permis de feu est un document écrit exigé par la plupart des assureurs professionnels et fortement recommandé par l'INRS (publication ED 6030) pour tout travail de soudage, de meulage ou de découpe thermique réalisé hors atelier fixe. Il précise les mesures à mettre en place avant, pendant et après les travaux. Son absence lors d'un sinistre engage directement la responsabilité de l'entreprise intervenante et du maître d'ouvrage.
Le cadre du Code du travail (articles R4227-28 à R4227-41) impose en parallèle la présence d'extincteurs adaptés sur chaque zone de chantier, ainsi que l'affichage d'une consigne de sécurité incendie visible par tous les artisans présents. Ces obligations s'appliquent dès le premier jour de travaux, indépendamment de la durée ou de l'ampleur du chantier.
Ce que révèle l'incendie de Tonneins pour la Nouvelle-Aquitaine
Tout projet de réhabilitation doit intégrer un plan de prévention incendie dès la conception des travaux. Ce plan identifie les zones à risque, désigne un responsable sécurité, définit la dotation en extincteurs et prévoit les consignes d'évacuation. En Lot-et-Garonne comme dans l'ensemble de la Nouvelle-Aquitaine, les bâtiments industriels anciens en chantier présentent un profil de risque élevé.
Sources : Code du travail : R4227-28 à R4227-41 : Moyens de prévention et de lutte contre l'incendie et INRS : Prévention du risque incendie sur le lieu de travail

Vos obligations : sécurité incendie sur un chantier de réhabilitation
Dès lors qu'un chantier de réhabilitation est engagé dans un bâtiment industriel ou commercial, plusieurs obligations réglementaires s'imposent simultanément à l'employeur et au maître d'ouvrage. Le Code du travail (articles R4227-28 à R4227-41) définit les exigences minimales en matière de moyens d'extinction, de consignes de sécurité et d'évacuation. Ces obligations ne sont pas suspendues pendant la durée des travaux : elles s'appliquent à chaque phase du chantier, y compris lors des opérations à points chauds.
L'obligation de permis de feu pour les travaux de soudage et de découpe thermique est issue des recommandations INRS (ED 6030) et des exigences des assureurs professionnels. Sa mise en œuvre engage à la fois l'entreprise qui réalise les travaux et le maître d'ouvrage qui en donne l'accord. En cas de sinistre sans permis de feu établi, la responsabilité pénale et civile des deux parties peut être engagée, indépendamment du résultat de l'enquête sur les causes exactes de l'incendie.
Obligations à mettre en place sur tout chantier de réhabilitation :
- Extincteurs adaptés : minimum un extincteur pour 200 m² et par niveau, positionné à moins de 15 mètres de chaque poste de travail à risque (article R4227-28 du Code du travail)
- Permis de feu : document signé par l'entreprise intervenante et le maître d'ouvrage pour tout travail par points chauds (soudure, meulage, chalumeau)
- Consigne incendie affichée : plan d'évacuation et numéros d'urgence visibles dans chaque zone de chantier occupée (article R4227-37 du Code du travail)
- Surveillance post-travaux : inspection de la zone pendant au moins 30 minutes après chaque travail à points chauds pour détecter les points chauds résiduels
Le retour d'expérience de Fabien AREL
En juin 2026, j'ai réalisé un audit de conformité dans un ancien bâtiment commercial de Libourne, en cours de transformation en espace de coworking. Des travaux de second œuvre étaient engagés depuis plusieurs semaines : cloisonnement, électricité, plomberie.
À mon arrivée, j'ai constaté l'absence totale d'extincteur dans la zone de chantier, alors qu'une découpeuse thermique fonctionnait à quelques mètres d'un stock de cloisons en plaque de plâtre. Aucun permis de feu n'avait été établi. Le chef de chantier m'a répondu que l'extincteur était "dans le camion". À trente mètres du poste de travail.
J'ai demandé l'arrêt immédiat des travaux à points chauds, jusqu'à la mise en place d'un extincteur CO2 à moins de 5 mètres et la signature d'un permis de feu. Le maître d'ouvrage a d'abord été surpris : "On fait ça depuis des années sans problème." C'est exactement cette logique qui précède les sinistres comme celui de Tonneins. PRV1 Preventionniste, Fabien AREL, ancien pompier de la BSPP, accompagne les entreprises de Nouvelle-Aquitaine dans cette démarche depuis plus de 10 ans.
Deux semaines plus tard, le maître d'ouvrage m'a rappelé : un incident s'était produit dans un immeuble voisin lors de travaux similaires. Le permis de feu avait finalement été intégré dans les procédures du chantier pour les semaines suivantes.
L'équipement et le service qui protègent
Pour un chantier de réhabilitation en Lot-et-Garonne ou en Gironde, la mise en conformité incendie ne peut pas attendre la livraison du bâtiment. FJ FIRE intervient dès la phase de travaux pour fournir les extincteurs adaptés, rédiger les consignes de sécurité et accompagner la démarche du permis de feu.
Nos prestations pour les maîtres d'ouvrage et les entreprises de travaux :
- Installation et maintenance d'extincteurs en entreprise : fourniture et positionnement d'extincteurs CO2, poudre ABC ou eau pulvérisée selon les zones de risque, conformément à l'article R4227-28 du Code du travail
- Audit conformité incendie : diagnostic complet avant le démarrage des travaux ou en cours de chantier, avec rapport de préconisations et plan d'action détaillé
- Formation manipulation extincteur en entreprise : formation pratique des artisans et chefs de chantier pour intervenir efficacement sur un départ de feu dès les premières minutes
Devis gratuit pour votre chantier de réhabilitation : 06.20.55.94.26
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Voir la boutique particuliersÀ retenir
- Les travaux par points chauds représentent 30 % des départs de feu en milieu professionnel (INRS) : le permis de feu est une exigence incontournable dès la première opération de soudage ou de meulage
- L'incendie de Tonneins (4 150 m² détruits, 80 pompiers mobilisés) illustre les risques spécifiques aux chantiers de réhabilitation de bâtiments industriels anciens, même en plein jour et en présence de travailleurs
- FJ FIRE accompagne les maîtres d'ouvrage de Nouvelle-Aquitaine dans la mise en conformité incendie de leurs chantiers : extincteurs, audit, formation
Contexte : bâtiment commercial en cours de rénovation
Observation : Sur les chantiers de réhabilitation que j'audite régulièrement, l'absence d'extincteur à proximité des travaux à points chauds et l'inexistence de permis de feu sont un constat récurrent, pas une exception. Ce n'est pas propre à un secteur : menuiseries, commerces, bâtiments tertiaires, tous reproduisent le même schéma.
Ce qu'il faut retenir : La sécurité incendie en phase travaux est systématiquement reléguée après la livraison. C'est exactement à ce moment que le risque est le plus élevé. Le permis de feu et l'extincteur à poste fixe ne sont pas des détails, ce sont des obligations engageant la responsabilité du maître d'ouvrage.
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Questions fréquentes
Le permis de feu est exigé par la plupart des assureurs et recommandé par l'INRS (publication ED 6030) pour tout travail par points chauds en milieu industriel ou en chantier. Son absence lors d'un sinistre peut engager la responsabilité pénale et civile du maître d'ouvrage et de l'entreprise intervenante.
L'article R4227-28 du Code du travail impose au minimum un extincteur pour 200 m² et par niveau. Sur un chantier, chaque zone de travaux à risque (soudure, coffrage bois, stockage de matériaux combustibles) doit disposer d'un extincteur adapté au type de feu potentiel, positionné à moins de 15 mètres du poste de travail.


