L'incendie du MIN de Bordeaux-Brienne : ce qui s'est passé
Dans la nuit du 17 au 18 août 2026, vers 1h30, les sapeurs-pompiers de Gironde sont intervenus pour un violent incendie au Marché d'Intérêt National (MIN) de Bordeaux-Brienne, quai de Paludate. Le bâtiment visé est le B3, dédié à la gastronomie et partiellement en travaux de rénovation pour accueillir une nouvelle chocolaterie.
Environ 60 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, avec 7 lances à incendie dont 2 sur moyens aériens. Le feu a détruit environ 1 500 m² sur les 3 000 m² que comptait le bâtiment B3. Huit entreprises du secteur alimentaire ont vu leur activité suspendue dans la foulée. Aucune victime n'est à déplorer.
L'activité de l'ensemble du site a été interrompue jusqu'à 5h00 pour permettre l'intervention en sécurité. Elle a repris partiellement, le bâtiment B3 restant inaccessible. Une bouteille d'acétylène a été identifiée sur place et sécurisée par les équipes. Les lectures de température effectuées n'ont révélé aucun point chaud résiduel.
Source : Bouger à Bordeaux : incendie au marché de Brienne cette nuit
L'analyse de notre expert incendie
La rénovation, facteur aggravant sous-estimé
Un bâtiment en travaux de rénovation présente un profil de risque incendie radicalement différent d'un local en exploitation normale. Les cloisons protectrices sont souvent percées ou retirées temporairement, les portes coupe-feu maintenues ouvertes pour faciliter le passage des matériaux, et les systèmes de détection automatique parfois désactivés pour éviter les fausses alarmes liées aux poussières de chantier.
À cela s'ajoutent les matières combustibles propres au chantier : isolants plastiques, panneaux de bois, solvants, colles thermofusibles. Les flammes trouvent une voie de propagation rapide que la configuration normale n'aurait pas permise. Au MIN de Bordeaux, le bâtiment B3 abritait à la fois des activités alimentaires en service et une zone de rénovation active, combinant deux profils de risque distincts dans un même espace. Ce scénario illustre précisément pourquoi la réglementation impose des mesures spécifiques dès le début d'un chantier en site occupé.
L'acétylène : un risque ATEX méconnu dans les commerces
L'acétylène est un gaz hautement inflammable utilisé pour le soudage et la découpe thermique. Sa présence dans un local commercial en rénovation nécessite des précautions strictes : stockage en zone ventilée, séparation des bouteilles d'oxygène et d'acétylène, vérification régulière des robinets et des détendeurs. Sans ces mesures, une fuite minime suffit à créer une atmosphère explosive dans un local confiné.
Les zones ATEX (atmosphères explosibles) ne concernent pas uniquement les industries chimiques ou pétrolières. Dès lors que des gaz combustibles sont utilisés dans un local, l'exploitant doit réaliser un zonage ATEX selon le décret 2002-1553. Dans les marchés alimentaires ou les commerces en rénovation, cette obligation est souvent méconnue, alors même qu'elle vise précisément à prévenir l'ignition accidentelle lors des travaux. Le sinistre du MIN de Bordeaux rappelle que ce risque n'épargne pas les établissements du secteur alimentaire.
L'impact opérationnel sur les 8 entreprises touchées
Huit commerces de bouche ont vu leur activité suspendue du jour au lendemain. Le MIN de Bordeaux-Brienne joue un rôle central dans l'approvisionnement des restaurateurs et des traiteurs de la métropole bordelaise. Une interruption de plusieurs jours génère des pertes directes importantes : marchandises périssables perdues, livraisons annulées, commandes non honorées.
Sources : Légifrance, Art. R4227-28 Code du travail et INRS : démarche de prévention du risque incendie

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Demander un audit gratuitVos obligations : sécurité incendie pendant les travaux
Depuis le 1er mai 2008, l'article R4227-28 du Code du travail impose à tout employeur de prendre les mesures nécessaires pour qu'un début d'incendie puisse être rapidement et efficacement combattu. Cette obligation ne se suspend pas pendant les travaux de rénovation. La coactivité des équipes de chantier et du personnel en place crée des risques additionnels qui exigent une attention renforcée de la part du chef d'établissement.
La présence d'une bouteille d'acétylène au MIN de Bordeaux illustre ce type de risque aggravé : un gaz sous pression, hautement inflammable, introduit dans un bâtiment commercial sans protocole d'urgence adapté. L'INRS rappelle que les mesures de prévention les plus efficaces sont exercées en amont, dès la coordination des travaux. Voici les obligations concrètes à mettre en place :
- Extincteurs maintenus et accessibles : au moins un extincteur eau pulvérisée 6 litres pour 200 m² de plancher (Art. R4227-29 Code du travail), non déplacé pendant les travaux, vérifié annuellement par un technicien certifié APSAD N4
- Plan de prévention écrit : obligatoire dès que les travaux impliquent une entreprise extérieure (Art. R4512-6 Code du travail), avec analyse des risques liés à la coactivité
- Permis de feu : document écrit obligatoire pour tout travail par point chaud (soudure, meulage, chalumeau) réalisé à proximité de matières combustibles, signé par le responsable du site
- Zonage ATEX : exigé dès qu'un gaz combustible ou qu'une vapeur inflammable est présent dans le local en travaux (décret 2002-1553)
Le retour d'expérience de Fabien AREL
En juillet 2026, j'ai réalisé un audit de conformité dans un commerce alimentaire bordelais dont la réserve était en cours de réaménagement. Les artisans avaient déplacé l'extincteur vers le couloir de service, à six mètres de sa position réglementaire, derrière une pile de palettes.
Le gérant ne savait pas que son extincteur avait été bougé. Il pensait que les artisans apportaient leurs propres équipements, ce qui est vrai pour les déchets de construction. Mais les extincteurs du local couvrent les risques permanents du commerce : feux électriques, feux de cuisine, départ de feu en zone de vente. Ces deux dispositifs ne se substituent pas l'un à l'autre.
J'ai demandé à voir le permis de feu pour les travaux de meulage réalisés la semaine précédente. Le gérant ignorait ce qu'était un document de ce type. Or, sans permis de feu, en cas de sinistre, l'assurance peut refuser d'indemniser les dommages causés aux tiers et la responsabilité pénale de l'exploitant peut être engagée.
Nous avons remis les extincteurs en place le jour même et rédigé une procédure permis de feu adaptée au chantier. Ma formation à la BSPP et ma certification PRV1 me permettent d'identifier ces risques avant qu'ils deviennent des sinistres. Fabien AREL est là pour ça.
L'équipement et le service qui protègent
Les commerces alimentaires et les locaux en rénovation partagent un point de vulnérabilité commun : la désorganisation temporaire du dispositif de sécurité incendie. FJ FIRE accompagne les entreprises de Gironde pour maintenir la conformité, même pendant les travaux.
- Installation et maintenance extincteurs en entreprise : repositionnement conforme, vérification annuelle certifiée APSAD N4, étiquetage et traçabilité
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Voir la boutique particuliersÀ retenir
- Un bâtiment en travaux de rénovation cumule les risques : cloisons ouvertes, matériaux combustibles, systèmes de détection désactivés et gaz sous pression comme l'acétylène
- L'article R4227-28 du Code du travail impose le maintien des moyens d'extinction pendant toute la durée du chantier, sans possibilité de dérogation
- La présence de gaz combustibles oblige à un zonage ATEX et à un permis de feu écrit avant tout travail par point chaud
Contexte : commerce alimentaire en cours de rénovation
Observation : Ce type de sinistre n'est pas isolé : lors de mes audits dans des commerces bordelais en rénovation, je retrouve régulièrement des extincteurs déplacés ou inaccessibles, des permis de feu absents lors de travaux par point chaud, et des systèmes d'alarme désactivés par les artisans sans autorisation du responsable d'établissement.
Ce qu'il faut retenir : Les travaux de rénovation n'exemptent pas l'exploitant de ses obligations de sécurité incendie. Ils créent des risques additionnels qui imposent une vigilance renforcée : plan de prévention, permis de feu, extincteurs accessibles en toutes circonstances.
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Questions fréquentes
Oui, sans exception. L'article R4227-28 du Code du travail impose à tout employeur de maintenir des moyens d'extinction opérationnels en permanence, y compris pendant les travaux. Les extincteurs ne peuvent pas être retirés sans dispositif de remplacement identifié. Les travaux par point chaud (soudure, chalumeau, découpe) imposent en outre l'obtention d'un permis de feu écrit signé par le responsable du site.
Une zone ATEX (Atmosphère EXplosible) est une zone où des gaz ou vapeurs inflammables peuvent former un mélange explosif avec l'air. Un commerce utilisant des gaz combustibles (acétylène pour soudure, propane pour chalumeau) lors de travaux est soumis à un zonage ATEX selon le décret 2002-1553. L'absence de ce zonage engage la responsabilité pénale de l'exploitant en cas d'accident.


