Recevoir la commission de sécurité dans son établissement recevant du public, c'est un peu passer un examen dont la note conditionne le droit d'ouvrir ses portes. Beaucoup d'exploitants girondins le découvrent dans l'urgence, quelques jours avant la visite, en cherchant fébrilement leur registre de sécurité. C'est exactement la situation à éviter.
Ancien pompier de Paris, j'ai participé à de nombreuses visites côté préventionniste. La bonne nouvelle : un contrôle se prépare, et une préparation sérieuse transforme ce rendez-vous redouté en simple formalité. Ce guide vous donne la méthode complète pour aborder la visite sereinement.
En résumé : La commission de sécurité vérifie la conformité incendie de votre ERP et émet un avis favorable ou défavorable. Pour la 1re à la 4e catégorie, elle revient tous les 2 à 5 ans selon le type d'établissement. Le jour J, elle contrôle les équipements (extincteurs, alarme, BAES, désenfumage), consulte le registre de sécurité et vérifie les rapports de vérification. Une préparation anticipée, dès J-30, évite l'avis défavorable et la fermeture administrative.
Qu'est-ce que la commission de sécurité ERP ?
La commission de sécurité est un organe consultatif chargé de vérifier que votre établissement respecte les règles de sécurité contre l'incendie et la panique. Elle est présidée par le préfet ou le maire et réunit des sapeurs-pompiers préventionnistes, la police ou la gendarmerie et un représentant de l'administration.
Concrètement, cette commission examine votre ERP avant son ouverture, puis périodiquement, et émet un avis : favorable ou défavorable. Cet avis n'est pas une décision en soi, mais il fonde l'arrêté du maire autorisant ou non l'exploitation. Autrement dit, sans avis favorable, votre droit d'ouvrir au public est fragilisé.
Les commissions interviennent à plusieurs niveaux : commission communale, commission d'arrondissement, ou commission départementale pour les établissements importants. En Gironde, la plupart des petits commerces et restaurants relèvent de la commission de l'arrondissement ou de la sous-commission départementale, selon leur catégorie.

Quelle est la périodicité de la visite de la commission de sécurité ?
La fréquence des visites dépend du type d'ERP (activité) et de sa catégorie (effectif). Cette périodicité a évolué fin 2025, il faut donc raisonner avec le cadre réglementaire à jour.
Pour les établissements du 1er groupe (1re à 4e catégorie), les visites périodiques s'échelonnent généralement entre 2 et 5 ans. Les établissements à risque élevé ou comportant des locaux à sommeil sont visités plus souvent ; les bureaux (type W) ou musées (type Y) le sont plus rarement. Depuis le décret n°2025-1100 du 19 novembre 2025, les ERP de 5e catégorie sans locaux à sommeil ne sont plus soumis à visite périodique obligatoire. Ils restent néanmoins contrôlables à tout moment sur décision du maire, et doivent prouver leur conformité à la première demande. Les ERP de 5e catégorie avec hébergement (petits hôtels, gîtes, chambres d'hôtes au-delà du seuil) demeurent visités tous les 5 ans. Cette dispense ne réduit en rien les obligations de sécurité : elle déplace simplement la responsabilité du contrôle vers l'exploitant.
Périodicité indicative des visites — ERP 1er groupe (1re à 4e catégorie)
| Profil d'établissement | Périodicité courante | Exemples de types | |
|---|---|---|---|
| Locaux à sommeil (hébergement) | Tous les 2 ans | Hôtels (O), structures d'accueil (J), internats (R) | |
| Forte fréquentation / risque | Tous les 3 ans | Restaurants (N), salles de spectacle (L), commerces (M) 1re-2e cat | |
| Risque modéré | Tous les 5 ans | Bureaux (W), musées (Y), commerces (M) 3e-4e cat | |
| 5e catégorie sans sommeil | Plus de visite périodique* | Petit commerce, café, salon, cabinet |
*Depuis le décret n°2025-1100 du 19 novembre 2025. Le contrôle inopiné reste possible. Pour connaître la périodicité exacte de votre établissement, référez-vous à votre dernier procès-verbal de visite ou contactez le service prévention de votre commune.
Pour mémoire, voici la périodicité usuelle des visites périodiques selon les principaux types d'ERP du 1er groupe :
| Type d'ERP | Activité | Périodicité courante |
|---|---|---|
| O | Hôtels et hébergements | 2 ans (locaux à sommeil) |
| J | Structures d'accueil personnes âgées / handicapées | 2 ans |
| R avec hébergement | Internats, pensions | 2 ans |
| L | Salles de spectacle et de réunion | 3 ans |
| N | Restaurants et débits de boissons | 3 ans |
| M | Magasins (1re et 2e catégorie) | 3 ans |
| W | Bureaux et administrations | 5 ans |
| Y | Musées | 5 ans |
Ces périodicités, fixées par le règlement de sécurité (arrêté du 25 juin 1980), sont données à titre indicatif et peuvent être ajustées par la commission selon le niveau de risque réel de l'établissement.
Comment se déroule une visite de la commission de sécurité ?
Le déroulement d'une visite suit un schéma assez constant, que l'établissement soit un restaurant de Bordeaux ou un commerce de Libourne. La connaître permet d'anticiper chaque étape. Une visite type se déroule en cinq temps : la réception de la convocation, l'examen documentaire à l'arrivée, la visite physique des locaux, la délibération de la commission puis la décision finale du maire. Elle dure généralement de trente minutes à deux heures selon la taille de l'établissement, et l'exploitant ou son représentant doit y être présent du début à la fin.
Étapes
Vous recevez une convocation écrite, généralement plusieurs semaines avant la visite. Elle précise la date, l'heure et la composition de la commission. C'est le signal de lancer votre préparation : rassembler le registre de sécurité, vérifier que tous les rapports annuels sont à jour et que le personnel sera présent.
Quels documents préparer pour la commission de sécurité ?
C'est là que se gagne ou se perd une visite. Un établissement parfaitement équipé mais incapable de présenter ses justificatifs s'expose à des prescriptions. Le registre de sécurité est la pièce maîtresse : c'est le premier document que le préventionniste demande. Quatre justificatifs sont systématiquement contrôlés : le registre de sécurité tenu à jour, les rapports de vérification annuelle des extincteurs et de l'alarme, les attestations de formation du personnel et les procès-verbaux des exercices d'évacuation. Tous doivent être réunis dans un classeur unique, consultable immédiatement le jour de la visite.
Checklist de préparation — documents à présenter le jour J
Registre de sécurité incendie — FJ FIRE
Le registre de sécurité est le premier document que la commission consulte. Format A4 pré-rempli et conforme à la réglementation ERP/ERT, il regroupe vérifications, formations, exercices et travaux. Disponible dans notre boutique, avec l'accompagnement FJ FIRE pour le tenir à jour entre deux visites.
Voir le registre de sécuritéAvis favorable ou défavorable : que se passe-t-il ensuite ?
L'enjeu d'une visite tient en deux mots : favorable ou défavorable. Comprendre les suites de chaque cas évite de paniquer.
Un avis favorable signifie que votre établissement respecte les règles de sécurité applicables. Il peut être assorti de prescriptions mineures à réaliser dans un délai donné. Vous conservez votre droit d'exploiter, sous réserve de maintenir cette conformité jusqu'à la prochaine visite. C'est l'objectif à viser.
Que faire en cas d'avis défavorable ?
Un avis défavorable de la commission de sécurité n'entraîne pas automatiquement la fermeture de l'établissement. Il signale des non-conformités jugées suffisamment importantes pour compromettre la sécurité du public. L'exploitant reçoit une liste de prescriptions précises, accompagnée d'un délai pour les lever. La marche à suivre est méthodique : traiter chaque point sans attendre, faire intervenir un professionnel qualifié pour les équipements concernés, conserver tous les justificatifs (factures, attestations, rapports de vérification), puis solliciter une contre-visite auprès du service instructeur. Ce n'est qu'en cas de danger grave et imminent pour le public que le maire peut prononcer une fermeture administrative immédiate par arrêté. Dans la grande majorité des cas, un avis défavorable se rattrape en corrigeant méthodiquement chaque écart relevé. L'erreur classique de l'exploitant : ignorer le procès-verbal en espérant que le sujet finisse par s'oublier.
Comment bien préparer son contrôle : la méthode J-30
La meilleure préparation commence un mois avant. Cette anticipation laisse le temps de corriger les écarts sans précipitation ni surcoût. Voici la trame que je recommande aux exploitants girondins.
À J-30 : l'audit interne
Faites le tour complet de votre établissement comme si vous étiez le préventionniste. Vérifiez chaque issue de secours, chaque extincteur, chaque BAES, la signalétique et l'affichage des consignes. Ouvrez le registre de sécurité et repérez les rapports manquants ou périmés. C'est le moment idéal pour programmer une maintenance des extincteurs si l'échéance approche.
À J-15 : la mise en conformité
Faites intervenir vos prestataires pour lever les points relevés : vérification des extincteurs, contrôle de l'alarme et des BAES, mise à jour des plans d'évacuation. Rassemblez tous les rapports dans un classeur unique. Si votre établissement de Bordeaux ou de Libourne relève désormais d'un plan d'intervention obligatoire, c'est le moment de le faire réaliser.
À J-3 : la répétition
Briefez votre personnel sur la conduite à tenir, vérifiez une dernière fois que les issues sont dégagées et que rien n'encombre les circulations. Assurez-vous que la personne qui accueillera la commission connaît l'emplacement du registre et sait répondre aux questions de base.
Commission de sécurité : testez vos réflexes d'exploitant
Que contrôle en priorité la commission de sécurité à son arrivée ?
FJ FIRE vous accompagne avant la commission
Préparer une visite de commission, c'est un travail de fond sur tout votre dispositif de sécurité incendie. FJ FIRE intervient dans toute la Gironde pour vous mettre en conformité avant le contrôle :
- Audit de conformité complet de votre ERP, équipement par équipement
- Vérification et maintenance de vos extincteurs avec rapport détaillé
- Contrôle de l'alarme, des BAES et de la signalétique
- Création des plans d'évacuation et d'intervention conformes
- Aide à la tenue du registre de sécurité et à la constitution du dossier
- Contrat de maintenance annuelle pour rester conforme d'une visite à l'autre
Consultez nos services installation et maintenance extincteur en entreprise, BAES et alarme type 4 et plans d'évacuation entreprise. Pour comprendre la pièce centrale du contrôle, lisez notre guide registre de sécurité incendie ERP, et pour le document désormais exigé en 5e catégorie, notre article plan d'intervention ERP 5e catégorie.
Conclusion
La commission de sécurité n'est pas un piège : c'est un contrôle prévisible, qui récompense les exploitants rigoureux. En tenant votre registre à jour, en faisant vérifier vos équipements chaque année et en anticipant votre préparation dès J-30, vous abordez la visite avec sérénité et vous protégez votre public comme votre activité.
Ne laissez pas un BAES hors service ou un rapport manquant compromettre votre ouverture. Faites auditer votre établissement par un professionnel avant le passage de la commission.
📞 06 20 55 94 26 | ✉️ [email protected]
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Questions fréquentes
La commission de sécurité est un organe consultatif présidé par le préfet ou le maire, composé de représentants des sapeurs-pompiers, de la police ou gendarmerie et de l'administration. Elle examine la conformité des établissements recevant du public aux règles de sécurité incendie et de panique, et émet un avis favorable ou défavorable à l'ouverture ou au maintien en exploitation.
Pour les ERP du 1er groupe (1re à 4e catégorie), la périodicité des visites varie généralement de 2 à 5 ans selon le type d'établissement et la présence de locaux à sommeil. Depuis le décret n°2025-1100 du 19 novembre 2025, les ERP de 5e catégorie sans locaux à sommeil ne sont plus soumis à visite périodique obligatoire, mais restent contrôlables à tout moment.
La commission demande le registre de sécurité à jour, les rapports de vérification annuelle des extincteurs, de l'alarme, des BAES, des installations électriques et de gaz, les attestations de formation du personnel, les procès-verbaux des exercices d'évacuation et les plans d'évacuation et d'intervention. Tous ces éléments doivent être consultables immédiatement le jour de la visite.
Un avis défavorable n'entraîne pas automatiquement la fermeture, sauf danger immédiat. L'exploitant reçoit la liste des prescriptions à lever et un délai pour s'y conformer. Il faut traiter chaque point, faire intervenir un professionnel, conserver les justificatifs et demander une contre-visite. En cas de danger grave et imminent, le maire peut ordonner la fermeture par arrêté.
Depuis le décret du 19 novembre 2025, les ERP de 5e catégorie sans locaux à sommeil ne font plus l'objet de visites périodiques systématiques. Le maire conserve toutefois le pouvoir de demander un contrôle à tout moment. Les établissements avec locaux à sommeil (petits hôtels, gîtes) restent soumis à une visite tous les 5 ans.


